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MyTree - 22/01/2019

En Equateur, l’agroforesterie au service de la forêt amazonienne et des communautés locales

En décembre 2018, 2000 arbres ont été plantés dans la province du Napo, en Equateur. Nous vous en disons davantage sur ce bel exemple d’agroforesterie et sur son impact environnemental, social et économique dans l’Amazonie équatorienne

Des arbres pour lutter contre la déforestation locale et améliorer les conditions de vie des populations indigènes

Dans la province du Napo, le taux de déforestation est de 2,4%. Un chiffre alarmant, l’un des plus élevés d’Amérique du sud, qui correspond à la disparition de près de 18 400 ha/an. Combinée à une forte croissance démographique et à une baisse des prix des cultures de rente (cacao et café), cette rapide déforestation a pour conséquence directe la détérioration des conditions de vie de la population indigène, les Kichwas. Face à ce désastre environnemental et social, Ishpingo - notre partenaire de terrain - œuvre depuis 2005 dans la mise en place d’un modèle de développement durable basé sur l’agroforesterie. Il s’agit d’une pratique ancestrale qui consiste à associer la plantation d’arbres fruitiers et forestiers aux cultures alimentaires. Un moyen efficace et durable d’améliorer le niveau de vie des populations locale tout en préservant les ressources de la forêt amazonienne.

Le processus de plantation d’agroforesterie : concrètement, sur le terrain ça se passe comment ?

Accompagnés par Flore et Antoine, les deux ingénieurs agronomes d’Ishpingo, nous avons pu suivre les différentes étapes de ce projet d’agroforesterie en Amazonie équatorienne.

Collecte des graines et culture en pépinière :

Dans la très grande majorité des cas, il s’agira de planter des arbres de bois d’œuvre (50%) et des arbres fruitiers (50%) sur les terrains des agriculteurs locaux. Une fois les graines collectées, elle sont transportées dans du papier journal vers l’une des 22 pépinières communautaires ou familiales crées par Ishpingo avec les agriculteurs Kichwas ayant adhéré au projet. Une fois plantés dans la pépinière, il faut attendre que les arbres atteignent la bonne taille (entre 50 et 80 centimètres) avant de passer à l’étape suivante : la plantation définitive. Cette première étape s’étale sur environ un an.

Plantation selon les différents modèles agroforestiers :

Une fois que les arbres ont atteint la taille souhaitée, nos ingénieurs se dirigent sur les parcelles des agriculteurs. Différents modèles de plantation sont possibles. Ils dépendent de paramètres inhérents au type de terrain, aux types de cultures et aux besoins de l’agriculteur. Selon sa situation et celle de sa ferme, le modèle qui lui conviendra le mieux sera appliqué. Ensuite, pendant plusieurs jours, Antoine et Flore les guident et leur apportent une assistance technique dans le processus de plantation selon le modèle agroforestier choisi. Ils leur inculquent les notions d’espacement entre les arbres et d’alternance des espèces pour éviter les maladies et optimiser l’espace sur la parcelle. Cela leur permettra de devenir autonomes et de reproduire le processus sur d’autres parcelles.

A travers cette approche technique et agroforestière, l’enjeu est double : garantir la protection et le renouvellement de la forêt primaire en enseignant aux familles Kichwas des méthodes respectueuses de l’environnement et leur apporter des solutions simples, concrètes et peu coûteuses, et même de dégager des revenus, notamment grâce aux arbres fruitiers.

Les bénéfices de l’agroforesterie pour l’environnement et les populations indigènes.

Sur les moyens et longs termes, ce type de projet permet de:

-  réhabiliter des zones dégradées par des pratiques déprédatrices de l’environnement,

- lutter contre l’érosion et la déforestation

- préserver les ressources naturelles (eau et sol)

- restaurer la biodiversité

- lutter contre le changement climatique (séquestration du carbone et réduction des émissions de gaz à effet de serre)

Un impact environnemental non-négligeable auquel viennent s’ajouter des bénéfices économiques et sociaux pour les familles Kichwas. Les récoltes des arbres fruitiers créent de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs ayant choisi ce modèle. Grâce à la vente de fruits, de pulpe et autres confitures sur les marchés et dans les commerces locaux, ces familles ont connu une augmentation de 11% de leurs revenus en quelques années.

Ces 2000 arbres plantés dans la province du Napo, en Amazonie équatorienne, constituent la première étape d’un projet efficace et durable ne demandant qu’à grandir.

Vous souhaitez vous aussi contribuer au projet MyTree en Equateur et protéger l’Amazonie de la déforestation tout en aidant les communautés locales ? Planter pour préserver la forêt amazonienne, c’est ICI.